Oui, le shilajit a fait l’objet d’études chez l’humain, dont plusieurs essais randomisés contrôlés, mais la preuve clinique reste limitée et hétérogène.
Les résultats les plus documentés concernent certains paramètres de force et de fatigue musculaire, la densité osseuse dans l’ostéopénie, des biomarqueurs du collagène, la consolidation d’une fracture et certains paramètres hormonaux masculins. Peu de résultats ont cependant été répliqués indépendamment à grande échelle.
Mise à jour éditoriale : 5 octobre 2026.
Cette synthèse distingue essais humains, données mécanistiques, travaux précliniques et recherches analytiques récentes.
Le mot « shilajit » masque un problème scientifique important : les études n’utilisent pas toutes la même préparation. Certaines portent sur des extraits purifiés et standardisés, d’autres sur du shilajit processé, du momiai ou, plus récemment, une résine. Les doses, les durées, les populations et les critères mesurés diffèrent aussi fortement.
Une étude positive ne prouve donc ni que tous les shilajits produisent le même effet, ni qu’un résultat observé avec une préparation précise s’applique automatiquement à la résine SHAMBALLA®. La bonne question n’est pas seulement « l’étude est-elle positive ? », mais qui a été étudié, avec quel produit, à quelle dose, pendant combien de temps, contre quoi et sur quel critère ?
Quel est réellement le niveau de preuve scientifique sur le shilajit ?
Essais randomisés contrôlés
Plusieurs existent chez l’humain. Ils constituent le niveau de preuve le plus utile du corpus actuel, mais restent généralement isolés par indication.
Études humaines non contrôlées
Elles peuvent détecter un signal, mais ne permettent pas d’attribuer aussi solidement une évolution au shilajit lui-même.
Données mécanistiques humaines
Biopsies, transcriptome, biomarqueurs et microperfusion montrent des effets biologiques mesurables sans démontrer automatiquement un bénéfice clinique.
Préclinique
Les travaux cellulaires et animaux servent à formuler des hypothèses. Ils ne prouvent pas qu’un effet identique existe chez l’humain.
Point clé :
le shilajit n’est ni « scientifiquement prouvé » dans son ensemble, ni dépourvu de données humaines.
Il existe plusieurs signaux cliniques intéressants, mais leur solidité varie fortement selon le domaine et la préparation étudiée.
La carte des preuves en un coup d’œil
Domaines étudiés chez l’humain : niveau et portée réelle des données disponibles
| Domaine |
Données humaines |
Type de preuve |
Réplication |
Lecture prudente |
| Fatigue musculaire / force |
Oui |
RCT |
Limitée |
Signal sur la rétention de force après fatigue dans un protocole précis ; pas une preuve générale d’amélioration de la performance sportive. |
| Performance / VO₂ max / fatigue — résine |
Oui, 2026 |
Pilote ouverte |
Non |
Signal récent intéressant, mais absence de placebo et de groupe contrôle. |
| Densité minérale osseuse |
Oui |
RCT double aveugle |
Limitée |
Résultat chez des femmes ménopausées avec ostéopénie ; ne s’extrapole pas à la population générale. |
| Consolidation d’une fracture tibiale |
Oui |
RCT double aveugle |
Non identifiée |
Essai important par son effectif, mais sur du momiai et dans un contexte postopératoire spécifique. |
| Collagène de type I |
Oui |
RCT |
Limitée |
Modification d’un biomarqueur circulant ; pas une preuve directe d’amélioration de la peau, des articulations ou des tendons. |
| Testostérone / DHEAS |
Oui |
RCT double aveugle |
Insuffisante |
Signal chez des hommes de 45 à 55 ans ; ne justifie pas une promesse générale d’augmentation de la testostérone. |
| Fertilité masculine |
Oui |
Étude clinique |
Insuffisante |
Résultats exploratoires chez des hommes présentant une oligospermie ; confirmation par essais contrôlés nécessaire. |
| Microperfusion cutanée / transcriptome |
Oui |
RCT mécanistique |
Limitée |
Effets biologiques et microvasculaires mesurés ; pas une démonstration d’un bénéfice esthétique global. |
| Transcriptome musculaire |
Oui |
Étude mécanistique |
Limitée |
Modification de l’expression de gènes liés à la matrice extracellulaire ; pas un essai d’efficacité clinique. |
| Cancer |
Pas d’essai clinique éligible identifié dans la revue 2026 |
Préclinique |
Non applicable |
Aucune base pour présenter le shilajit comme traitement anticancéreux. |
Les principales études humaines sur le shilajit
Ce tableau ne classe pas les études selon que leur résultat est « bon » ou « mauvais ». Il les replace dans leur contexte méthodologique : population, préparation, dose, durée, comparateur, mesure et limite principale.
Essais et études humaines majeurs : protocole, résultat et limite d’interprétation
| Étude |
Population |
Produit / dose |
Design / durée |
Résultat principal |
Limite |
| Keller et al., 2019 |
63 hommes physiquement actifs |
PrimaVie® 250 ou 500 mg/j |
Randomisé, placebo, 8 semaines |
À 500 mg/j, meilleure rétention de force après fatigue dans le sous-groupe supérieur pour la force initiale ; hydroxyproline également modifiée. |
Effet non uniforme sur l’ensemble des mesures ni des participants ; préparation standardisée spécifique. |
| Neltner et al., 2024 |
35 hommes entraînés récréativement |
500 ou 1000 mg/j |
Randomisé, placebo, 8 semaines |
Augmentation du pro-C1α1, biomarqueur de synthèse du collagène de type I, dans les groupes supplémentés. |
Biomarqueur : l’étude ne démontre pas directement une amélioration clinique de la peau, d’une articulation ou d’un tendon. |
| Pingali & Nutalapati, 2022 |
60 femmes ménopausées, 45–65 ans, avec ostéopénie |
Extrait aqueux standardisé, 250 ou 500 mg/j |
Randomisé, double aveugle, placebo, 48 semaines |
Atténuation dose-dépendante de la diminution de densité minérale osseuse au rachis lombaire et au col fémoral par rapport au placebo. |
Population pathophysiologique très spécifique et préparation standardisée précise. |
| Sadeghi et al., 2020 |
160 patients, 18–60 ans, fracture récente du tibia opérée |
Momiai, deux capsules de 500 mg selon le protocole |
Randomisé, double aveugle, placebo, traitement 28 jours |
Temps moyen de consolidation radiologique rapporté à 129 jours contre 153 jours dans le groupe placebo. |
Étude sur du momiai dans un contexte chirurgical précis ; ne permet pas d’extrapoler à toute résine ou à la santé osseuse générale. |
| Pandit et al., 2016 |
96 hommes randomisés, 45–55 ans ; 75 ont terminé l’étude |
Shilajit purifié, 250 mg deux fois/jour |
Randomisé, double aveugle, placebo, 90 jours |
Augmentation de la testostérone totale, libre et de la DHEAS versus placebo. |
Une étude isolée, dans une tranche d’âge précise, avec une préparation spécifique. |
| Biswas et al., 2010 |
35 hommes présentant une oligospermie ; 28 ont terminé |
Shilajit processé, 100 mg deux fois/jour |
Étude clinique, 90 jours |
Évolutions de plusieurs paramètres spermatiques et hormonaux par rapport au niveau initial. |
Pas d’essai randomisé contrôlé par placebo ; effectif réduit et attrition. |
| Das et al., 2016 |
16 adultes en surpoids ou obésité de classe I |
PrimaVie® 250 mg deux fois/jour |
Étude longitudinale, 8 semaines puis 4 semaines avec exercice |
Modification de l’expression de gènes musculaires liés notamment à la matrice extracellulaire. |
Étude mécanistique sans démonstration d’un bénéfice clinique direct. |
| Das et al., 2019 |
45 femmes adultes en bonne santé |
PrimaVie® 125 ou 250 mg deux fois/jour |
Randomisé, placebo, 14 semaines |
À la dose la plus élevée, amélioration de la microperfusion cutanée ; modifications de voies d’expression génique liées à la vascularisation et à la matrice extracellulaire. |
Résultats biologiques et transcriptomiques ; ne démontrent pas une amélioration esthétique globale de la peau. |
| Yadav et al., 2026 |
25 hommes adultes en bonne santé |
TruBlk™ Shilajit Resin, 500 mg/j |
Étude pilote ouverte, 28 jours, sans placebo |
Améliorations avant/après rapportées sur plusieurs mesures de force, endurance, VO₂ max, fatigue et certains biomarqueurs. |
Pas de randomisation, pas de placebo, pas de groupe contrôle ; étude exploratoire. |
Fatigue musculaire et force : un signal humain réel, mais ciblé
L’essai de Keller et al. est souvent résumé par « le shilajit augmente la force ». Ce n’est pas exactement la question étudiée. Les chercheurs ont évalué la capacité à maintenir une contraction maximale après un protocole fatigant, avec 63 hommes physiquement actifs répartis entre placebo, 250 mg/j et 500 mg/j de PrimaVie® pendant huit semaines.
Le signal favorable à 500 mg/j concernait principalement le sous-groupe de participants se situant dans la moitié supérieure pour la force initiale. Le groupe à faible dose ne se distinguait pas du placebo sur ce critère. C’est précisément le type de détail que fait disparaître une formule marketing comme « augmente la performance ».
Lecture rigoureuse :
l’étude soutient un signal sur la rétention de force après fatigue dans un protocole précis. Elle ne démontre pas que le shilajit améliore universellement la force, l’endurance, la masse musculaire ou les performances sportives.
Résine de shilajit et performance : ce qu’apporte l’étude pilote 2026
La publication de Yadav et al. en 2026 est intéressante pour une raison particulière : elle porte sur une résine de shilajit, et non uniquement sur un extrait standardisé de type PrimaVie®. Vingt-cinq hommes adultes en bonne santé ont reçu 500 mg/j pendant 28 jours.
Après quatre semaines, les auteurs ont rapporté des améliorations avant/après sur plusieurs paramètres : force à la presse, endurance musculaire, force de préhension, VO₂ max, score de fatigue et perception de l’effort. Certains biomarqueurs sanguins ont également évolué.
Le défaut méthodologique est majeur : aucun groupe placebo et aucun groupe contrôle. Une progression entre le jour 0 et le jour 28 ne permet donc pas de distinguer avec certitude l’effet du produit d’autres facteurs comme l’apprentissage des tests, l’entraînement, les variations individuelles ou un effet d’attente.
Classement SHAMBALLA® :
étude humaine utile et récente, mais signal exploratoire. Elle ne doit pas être placée au même niveau qu’un essai randomisé contrôlé.
Os : ostéopénie et fracture ne répondent pas à la même question
Densité osseuse chez des femmes ménopausées avec ostéopénie
L’essai de Pingali et Nutalapati est l’un des plus longs du corpus : 48 semaines. Soixante femmes ménopausées de 45 à 65 ans présentant une ostéopénie ont reçu un placebo, 250 mg/j ou 500 mg/j d’un extrait aqueux standardisé.
La densité minérale osseuse du rachis lombaire et du col fémoral diminuait progressivement dans le groupe placebo. Cette diminution a été atténuée de manière dose-dépendante dans les groupes supplémentés, parallèlement à des modifications de marqueurs du remodelage osseux, du stress oxydatif et de l’inflammation.
L’étude est méthodologiquement intéressante, mais son résultat reste attaché à une population spécifique, un produit standardisé et deux doses précises. Elle ne permet pas de présenter le shilajit comme un traitement général de la perte osseuse.
Fracture du tibia : un essai randomisé à 160 participants
Une étude de 2020 apporte un angle différent. Cent soixante patients âgés de 18 à 60 ans, hospitalisés pour une fracture récente du tibia, ont été répartis entre momiai et placebo dans un essai randomisé en double aveugle.
Le temps moyen de consolidation radiologique rapporté était de 129 jours dans le groupe momiai contre 153 jours sous placebo. La différence atteignait le seuil de significativité statistique rapporté par les auteurs.
Pourquoi ne pas fusionner ces deux études ?
La première porte sur la densité osseuse dans l’ostéopénie ; la seconde sur la consolidation d’une fracture opérée. Les populations, produits, critères et contextes cliniques sont différents. Elles appartiennent au même thème « os », mais ne démontrent pas la même chose.
Collagène : biomarqueur mesuré, bénéfice clinique non démontré
Neltner et al. ont étudié 35 hommes entraînés recevant pendant huit semaines 500 mg/j, 1000 mg/j ou un placebo. Le critère principal était le pro-C1α1, un biomarqueur circulant associé à la synthèse du collagène de type I.
Le biomarqueur a augmenté par rapport au niveau initial dans les deux groupes supplémentés, tandis qu’aucune évolution comparable n’était observée dans le groupe placebo. L’analyse des répondeurs montrait également une différence entre la forte dose et le placebo.
Ce résultat est biologiquement intéressant. Mais un marqueur sanguin n’est ni une articulation, ni un tendon, ni une ride. L’étude ne démontre pas à elle seule que le shilajit améliore la douleur articulaire, accélère une récupération tendineuse ou rajeunit la peau.
Différence essentielle :
biomarqueur de synthèse du collagène ≠ bénéfice clinique démontré sur un tissu précis.
Testostérone : un essai contrôlé souvent cité, mais encore isolé
L’étude de Pandit et al. a randomisé 96 hommes en bonne santé âgés de 45 à 55 ans entre shilajit purifié et placebo. Soixante-quinze participants ont terminé les 90 jours de protocole. La dose étudiée était de 250 mg deux fois par jour.
Les auteurs ont observé des augmentations de la testostérone totale, de la testostérone libre et de la DHEAS par rapport au placebo. Les concentrations de LH et FSH restaient maintenues.
L’essai possède plusieurs qualités : randomisation, double aveugle, placebo et dosage hormonal. Il ne répond cependant qu’à une question étroite : que s’est-il passé avec cette préparation, à cette dose, pendant 90 jours, chez des hommes de 45 à 55 ans ?
Cette étude ne permet pas d’affirmer que le shilajit « augmente la testostérone » chez tous les hommes, ni que le résultat s’applique automatiquement à une autre préparation.
Fertilité masculine : des résultats humains, mais un design moins robuste
Biswas et al. ont recruté 35 hommes présentant une oligospermie. Vingt-huit ont terminé 90 jours de supplémentation avec 100 mg de shilajit processé deux fois par jour.
Les auteurs ont rapporté des évolutions de plusieurs paramètres spermatiques, notamment le nombre total de spermatozoïdes, la motilité et la proportion de formes normales, ainsi que de certains paramètres hormonaux et du malondialdéhyde séminal.
La faiblesse principale est l’absence d’un véritable essai randomisé contrôlé contre placebo. Des résultats avant/après peuvent constituer un signal clinique, mais ils fournissent moins de certitude causale qu’un RCT.
Peau et microcirculation : l’étude mesure surtout de la biologie
En 2019, Das et al. ont étudié 45 femmes adultes réparties entre placebo, 125 mg deux fois par jour et 250 mg deux fois par jour pendant 14 semaines. Le protocole associait biopsies cutanées, analyse transcriptomique et mesure de la microperfusion.
À la dose de 250 mg deux fois par jour, les auteurs ont rapporté une amélioration de la microperfusion cutanée par rapport au niveau initial ou au placebo. L’analyse de l’expression génique a également identifié des voies liées à la migration des cellules endothéliales, au développement vasculaire et à la matrice extracellulaire.
C’est une donnée humaine. Mais elle reste largement mécanistique. Une modification transcriptomique ou une amélioration de microperfusion ne permet pas, à elle seule, de conclure à un effet global sur les rides, l’élasticité ou le « rajeunissement » cutané.
Muscle : ce que signifie réellement une étude transcriptomique
Une étude publiée en 2016 a suivi 16 adultes en surpoids ou présentant une obésité de classe I. Ils ont reçu 250 mg de PrimaVie® deux fois par jour pendant huit semaines, puis ont poursuivi quatre semaines supplémentaires en ajoutant un programme d’exercice.
Les biopsies musculaires ont montré une augmentation de l’expression de plusieurs ensembles de gènes liés à la matrice extracellulaire, notamment certaines voies impliquant collagène, élastine, fibronectine et autres protéines structurelles.
Ce type d’étude répond à la question « quelles voies biologiques sont modifiées ? », et non à la question « les participants deviennent-ils plus forts ou récupèrent-ils mieux ? ».
Donnée mécanistique humaine ne signifie pas bénéfice clinique démontré. C’est un niveau intermédiaire de preuve souvent perdu dans les résumés commerciaux.
Cognition, inflammation, mitochondries, cancer : où s’arrête la preuve humaine ?
Une grande partie de la littérature sur le shilajit et ses constituants porte sur des modèles animaux, cellulaires ou biochimiques. Ces recherches explorent notamment le stress oxydatif, certaines voies inflammatoires, le métabolisme mitochondrial et différents mécanismes neurobiologiques.
Ces travaux peuvent expliquer pourquoi une hypothèse mérite un essai clinique. Ils ne suffisent pas à affirmer qu’un complément de shilajit améliore la mémoire, ralentit le vieillissement cérébral, protège d’une maladie neurodégénérative ou traite une pathologie inflammatoire.
Cancer : une revue systématique 2026 qui clarifie la frontière
Une revue systématique publiée en 2026 a évalué la littérature préclinique concernant le shilajit dans le cancer. Elle a retenu des travaux précliniques, mais aucun essai clinique humain éligible.
Conséquence :
des résultats observés sur des cellules ou des modèles animaux ne permettent pas de présenter le shilajit comme traitement ou prévention du cancer.
Études 2026 : ce qui change réellement dans la recherche sur le shilajit
L’année 2026 n’apporte pas une preuve unique qui bouleverse tout le dossier. Elle enrichit plutôt quatre dimensions : résine étudiée chez l’humain, composition chimique, variabilité géographique et origine biologique.
Résine et performance humaine
Yadav et al. ajoutent une étude humaine directement menée sur une résine, avec 500 mg/j pendant 28 jours. Le design ouvert impose cependant de classer le résultat comme exploratoire.
Acides phénoliques selon les régions
Kamgar et al. ont analysé onze échantillons provenant d’Iran, d’Inde, du Népal, de Russie et du Kirghizstan par HPLC-MS/MS. Neuf acides phénoliques ont été identifiés et leur profil variait fortement selon l’origine.
Composition métallique
Une autre publication de Kamgar et al. en 2026 caractérise la composition métallique et la distribution des masses moléculaires du shilajit, renforçant l’idée qu’un échantillon ne représente pas toute la catégorie.
Origine biologique mieux documentée
Ulug et al. ont combiné métabarcoding ADN et analyses biochimiques sur des shilajits du Pamir-Alai. Cinquante taxons végétaux ont été détectés à différents niveaux taxonomiques, ce qui documente la diversité des contributions botaniques.
Ces publications renforcent un point central pour lire toute la littérature : le shilajit est une matrice naturelle variable. Deux produits portant le même nom peuvent différer dans leur composition. Une étude réalisée sur une préparation ne doit donc pas devenir automatiquement une affirmation sur toutes les résines disponibles dans le commerce.
Pourquoi deux shilajits ne sont-ils pas scientifiquement interchangeables ?
Plusieurs études humaines majeures ont utilisé PrimaVie®, un extrait purifié et standardisé. D’autres ont utilisé du shilajit processé, du momiai ou une résine commerciale différente. Ce détail est fondamental.
Pour extrapoler un résultat clinique à un autre produit, il faudrait idéalement démontrer une comparabilité suffisante sur plusieurs dimensions : procédé de purification, composition, standardisation, forme galénique, dose, contaminants et caractéristiques analytiques.
Préparation
Résine, extrait aqueux, poudre, capsule ou produit processé ne sont pas automatiquement équivalents.
Composition
Acides fulviques, fractions humiques, composés phénoliques et éléments minéraux peuvent varier.
Qualité analytique
La présence d’un nom commercial ou du mot « shilajit » ne remplace pas l’identification du lot et l’analyse des contaminants.
Position SHAMBALLA® :
les études externes présentées sur cette page servent à décrire l’état de la recherche sur le shilajit.
Elles ne sont pas présentées comme des essais cliniques réalisés sur la résine SHAMBALLA®.
Les caractéristiques propres à SHAMBALLA® sont documentées séparément par les
analyses et certificats rattachés aux lots commercialisés.
Standardisation et intérêts industriels : faut-il rejeter une étude financée ou liée à un fabricant ?
Non. La présence d’un ingrédient propriétaire, d’un fournisseur industriel ou d’un financement lié au secteur ne rend pas automatiquement une étude invalide. Elle constitue cependant une information utile pour interpréter le niveau d’indépendance de la recherche.
Plusieurs publications du corpus ont utilisé PrimaVie®, un ingrédient propriétaire standardisé de Natreon. Dans l’étude transcriptomique musculaire de 2016, un auteur était affilié à Natreon India et le produit étudié était fourni sous cette forme standardisée.
La bonne pratique consiste donc à évaluer simultanément le design, le comparateur, la randomisation, l’aveugle, l’effectif, le critère mesuré, la réplication et les liens d’intérêt. Un bon protocole reste informatif ; une affiliation industrielle doit simplement rester visible dans la lecture critique.
Peut-on reprendre la dose d’une étude pour son propre usage ?
Non. Une dose utilisée dans une publication appartient au produit, à la population et au protocole de cette étude. Le corpus utilise des doses très différentes : 200 mg/j, 250 mg/j, 500 mg/j, 1000 mg/j ou d’autres schémas selon les travaux.
Copier la dose d’un essai clinique pour l’appliquer à une autre résine revient à supposer que les deux préparations sont équivalentes, ce qui n’est pas démontré.
Pour la résine SHAMBALLA®, la recommandation d’usage reste de
150 à 300 mg par jour. Il s’agit d’une recommandation propre au produit, et non de la reproduction d’une dose clinique.
Consultez le
guide d’utilisation et de dosage.
Comment évaluer une étude sur le shilajit en 60 secondes ?
1. Qui a été étudié ?
Des adultes en bonne santé, des hommes avec oligospermie, des femmes ménopausées ou des patients après fracture ne répondent pas à la même question.
2. Quel shilajit ?
Cherchez la forme, la purification, la standardisation, le fabricant ou l’ingrédient réellement utilisé.
3. Y avait-il un placebo ?
Une évolution avant/après sans contrôle apporte moins de certitude qu’un essai randomisé contre placebo.
4. Combien de participants ?
Un petit effectif peut détecter un signal sans établir un effet fiable dans la population générale.
5. Qu’a-t-on réellement mesuré ?
Force, densité osseuse, hormone, biomarqueur, expression génique et questionnaire subjectif n’ont pas la même portée.
6. Quel était le résultat principal ?
Un sous-groupe positif ou un critère secondaire ne doit pas être transformé en conclusion générale.
7. Le résultat a-t-il été répliqué ?
Un résultat gagne en crédibilité lorsqu’une autre équipe retrouve un effet comparable avec une méthodologie indépendante.
8. Qui a fourni ou financé le produit ?
Cette information ne suffit pas à invalider une étude, mais elle contribue à sa lecture critique.
Ce que les études ne permettent pas encore d’affirmer
Affirmations fréquentes et niveau de preuve réellement disponible
| Affirmation |
Lecture scientifique |
| « Le shilajit augmente la testostérone chez tous les hommes » |
Non. Un essai contrôlé positif existe dans une population d’hommes de 45 à 55 ans avec une préparation précise. La généralisation n’est pas établie. |
| « Le shilajit améliore les performances sportives » |
Trop large. Un RCT montre un signal ciblé sur la rétention de force après fatigue ; une étude pilote 2026 rapporte plusieurs améliorations mais sans placebo. |
| « Le shilajit reconstruit le collagène des articulations » |
Non démontré. Un essai humain mesure un biomarqueur de synthèse du collagène de type I, pas une guérison ou une amélioration articulaire clinique. |
| « Le shilajit rajeunit la peau » |
Non démontré comme résultat clinique global. Une étude rapporte des modifications transcriptomiques et une amélioration de microperfusion cutanée. |
| « Le shilajit améliore la mémoire ou prévient Alzheimer » |
Les arguments restent principalement mécanistiques ou précliniques. Ils ne constituent pas une preuve clinique d’efficacité chez l’humain. |
| « Le shilajit traite le cancer » |
Non. La revue systématique 2026 consacrée au cancer n’a identifié aucun essai clinique humain éligible. |
| « Une étude sur PrimaVie® prouve l’efficacité de toutes les résines » |
Non. Une préparation standardisée précise ne peut pas être considérée comme interchangeable avec tous les produits commercialisés sous le nom shilajit. |
Que peut-on raisonnablement conclure aujourd’hui ?
Le shilajit possède un corpus humain réel, mais encore relativement petit par rapport à des substances étudiées depuis des décennies dans de grands essais multicentriques.
Les données les plus convaincantes proviennent de plusieurs essais randomisés portant sur des questions précises : fatigue musculaire, densité minérale osseuse, consolidation d’une fracture, biomarqueur du collagène et paramètres hormonaux masculins.
D’autres travaux chez l’humain apportent des données mécanistiques sur la peau et le muscle. Ils enrichissent la compréhension biologique sans constituer à eux seuls des preuves d’efficacité clinique.
La littérature 2026 renforce également un autre constat : la composition du shilajit varie selon les échantillons et les origines. La qualité méthodologique d’une étude ne suffit donc pas ; il faut aussi savoir quel shilajit a réellement été étudié.
La prochaine étape décisive pour faire progresser le niveau de preuve sera moins spectaculaire qu’un nouveau titre marketing : davantage d’essais randomisés, des effectifs plus importants, des réplications indépendantes, des produits clairement caractérisés et des critères cliniques pertinents.
Approfondir un point précis
Cette page synthétise la preuve scientifique. Les usages, bénéfices potentiels, précautions et questions de qualité disposent de pages dédiées afin de ne pas confondre les intentions.
Références scientifiques principales
Keller J.L. et al., 2019 —
The effects of Shilajit supplementation on fatigue-induced decreases in muscular strength and serum hydroxyproline levels.
J Int Soc Sports Nutr.
PubMed 30728074.
Essai randomisé contrôlé ; 63 hommes physiquement actifs ; 250 ou 500 mg/j pendant 8 semaines.
Neltner T.J. et al., 2024 —
Effects of 8 Weeks of Shilajit Supplementation on Serum Pro-c1α1, a Biomarker of Type 1 Collagen Synthesis: A Randomized Control Trial.
J Diet Suppl.
PubMed 36546868.
35 hommes entraînés ; 500 ou 1000 mg/j ; biomarqueur du collagène de type I.
Pingali U., Nutalapati C., 2022 —
Shilajit extract reduces oxidative stress, inflammation, and bone loss to dose-dependently preserve bone mineral density in postmenopausal women with osteopenia.
Phytomedicine.
PubMed 35933897.
60 femmes ménopausées avec ostéopénie ; essai randomisé double aveugle placebo ; 48 semaines.
Sadeghi S.M.H. et al., 2020 —
Efficacy of Momiai in Tibia Fracture Repair: A Randomized Double-Blinded Placebo-Controlled Clinical Trial.
J Altern Complement Med.
PubMed 32310691.
160 patients après fracture du tibia ; essai randomisé double aveugle placebo.
Pandit S. et al., 2016 —
Clinical evaluation of purified Shilajit on testosterone levels in healthy volunteers.
Andrologia.
PubMed 26395129.
Hommes de 45 à 55 ans ; 250 mg deux fois/jour ; 90 jours ; randomisé double aveugle placebo.
Biswas T.K. et al., 2010 —
Clinical evaluation of spermatogenic activity of processed Shilajit in oligospermia.
Andrologia.
PubMed 20078516.
35 hommes inclus ; 28 ont terminé ; 100 mg deux fois/jour pendant 90 jours.
Das A. et al., 2016 —
The Human Skeletal Muscle Transcriptome in Response to Oral Shilajit Supplementation.
J Med Food.
PubMed 27414521.
16 adultes en surpoids ou obésité classe I ; étude mécanistique sur biopsies musculaires.
Das A. et al., 2019 —
Skin Transcriptome of Middle-Aged Women Supplemented With Natural Herbo-mineral Shilajit Shows Induction of Microvascular and Extracellular Matrix Mechanisms.
J Am Coll Nutr.
PubMed 31161927.
45 femmes ; placebo, 125 mg deux fois/jour ou 250 mg deux fois/jour ; 14 semaines.
Yadav D. et al., 2026 —
Safety and Efficacy of TruBlk™ Shilajit Resin Supplementation on Physical Performance and Blood Biomarkers in Healthy Adults: A 28-Day Open-Label Pilot Study.
PubMed 41613504.
25 hommes ; 500 mg/j de résine ; étude ouverte sans placebo.
Kamgar E. et al., 2026 —
Plant-derived phenolic acids in Shilajit: a comparative HPLC-MS/MS analysis across five regions.
Scientific Reports.
PubMed 41699045.
Onze échantillons issus de cinq régions ; analyse de neuf acides phénoliques.
Kamgar E. et al., 2026 —
Characterization of metal composition and molecular weight distribution in Shilajit.
J Trace Elem Med Biol.
PubMed 42364294.
Ulug A. et al., 2026 —
Shilajit as a Natural Product from Sedimentary Rocks: Biological Origin and Antioxidant Properties.
Biochem Genet.
PubMed 42496934.
Métabarcoding ADN et profil biochimique ; 50 taxons végétaux identifiés à différents niveaux taxonomiques.
Das S.S. et al., 2026 —
Pre-clinical Evaluation of Shilajit in Cancer: A Systematic Review.
Cureus.
PubMed 41640940.
Revue systématique préclinique ; aucun essai clinique humain éligible identifié.
Stohs S.J., 2014 —
Safety and efficacy of shilajit (mumie, moomiyo).
Phytother Res.
PubMed 23733436.
Wilson E. et al., 2011 —
Review on shilajit used in traditional Indian medicine.
J Ethnopharmacol.
Recherche PubMed.