On entend tout et son contraire sur le shilajit : “mythe marketing”, “trésor de l’Himalaya”, “résine magique”… La réalité est plus intéressante.
Il existe des essais cliniques (humains), des études précliniques (animales) et des travaux mécanistiques (in vitro).
L’objectif ici : vous donner une lecture claire, positive et sourcée de ce que la science suggère — sans transformer une étude en promesse.
Cadre & conformité.
Article informatif. Un complément alimentaire ne remplace pas un avis médical, ni un traitement.
Dans l’UE, les allégations santé sont encadrées (règlement CE 1924/2006) : on présente ici des résultats d’études et des pistes, sans “promesse miracle”.
Réponse directe.
Oui : il existe des études sur le shilajit, dont des essais randomisés (placebo) sur la performance, des biomarqueurs du collagène, la santé osseuse et des paramètres andrologiques.
La qualité du shilajit (purification, contaminants, traçabilité) est un facteur critique.
Le shilajit, version scientifique : de quoi parle-t-on exactement ?
Le shilajit est un phytocomplexe organo-minéral issu de zones montagneuses, traditionnellement utilisé en Ayurveda (catégorie “rasayana”).
Sur le plan chimique, ce n’est pas “une molécule”, mais une matrice : fractions humiques, minéraux, métabolites, composés phénoliques.
C’est précisément cette complexité qui explique deux choses :
- Pourquoi la recherche s’y intéresse (effets multi-cibles plausibles).
- Pourquoi la qualité varie énormément (et pourquoi les études se font sur des extraits standardisés).
Les 3 familles “signatures” qui reviennent dans la littérature
-
Substances humiques : acides fulviques & humiques (repères : fulvique + humique).
-
DBPs / DCPs (dibenzo-α-pyrones et complexes associés), étudiés pour la bioénergie et le stress oxydatif (repères : DBPs & énergie).
-
Minéraux / oligo-éléments : présents, mais l’intérêt dépend du contexte et surtout de la sécurité (contaminants).
Le point qui change tout.
Une grande partie des “résultats” attribués au shilajit dépend de la
standardisation (composition stable) et de la
purification (contaminants maîtrisés).
Avant de discuter “bénéfices”, on discute
COA et méthode :
certificat d’analyse ·
purification & filtration.
Comment lire une “étude shilajit” (et éviter les pièges classiques)
Pour viser le vrai — pas le sensationnel — il faut lire les études comme un analyste :
qui a été étudié, quoi exactement (résine brute ? extrait ? standardisation ?), combien de temps,
et avec quoi on compare (placebo / contrôle).
La grille ultra-simple (celle qui sépare science et storytelling)
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Type d’étude : essai randomisé placebo > observation > animal > in vitro.
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Produit : extrait standardisé vs “shilajit” non décrit.
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Dose & durée : cohérentes, avec suivi de tolérance.
-
Critères : biomarqueurs + tests fonctionnels (pas seulement “ressenti”).
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Transposabilité : une piste in vitro ≠ preuve chez l’humain.
Lecture intelligente.
Quand une étude est “prometteuse”, la bonne question n’est pas “est-ce que ça marche ?” mais :
pour qui, dans quel cadre, avec quel niveau de preuve — et qu’est-ce qui manque pour conclure.
Ressources internes utiles (pour lire entre les lignes)
Dans le réel, “efficacité potentielle” et “sécurité” sont inséparables : la meilleure étude du monde ne compense pas un produit mal contrôlé.
Études cliniques chez l’humain : les signaux les plus intéressants
Voici la partie la plus excitante — parce qu’elle sort du débat “tradition vs scepticisme” :
il existe des essais randomisés (double aveugle, placebo) où le shilajit (souvent sous forme d’extrait standardisé)
est évalué avec des tests de performance et des biomarqueurs.
1) Performance, fatigue & résistance : un essai placebo (8 semaines)
Une étude contrôlée (placebo) a observé l’effet d’une supplémentation en shilajit sur la rétention de force après un protocole fatigant,
ainsi que sur un marqueur sanguin lié au turnover du collagène (hydroxyproline).
Traduction : la question posée n’est pas “est-ce que je me sens mieux ?” mais “est-ce que le muscle résiste mieux à la fatigue mesurée ?”.
Lecture positive (sans extrapoler).
Quand un essai humain montre un signal sur la fatigue et des marqueurs de tissu conjonctif, ce n’est pas une “promesse” :
c’est une
piste robuste à creuser (durée plus longue, autres profils, autres sports).
Pour le contexte collagène :
données & limites.
2) Biomarqueur de collagène (Pro-C1α1) : essai randomisé
Un autre essai contrôlé s’est intéressé à un biomarqueur de synthèse du collagène de type I (Pro-C1α1).
C’est un excellent exemple d’approche moderne : au lieu d’affirmer “ça fait du collagène”, on mesure un marqueur biologique.
Le résultat ? Un signal favorable sur ce biomarqueur dans le protocole testé, ce qui alimente des hypothèses sur la récupération et les tissus.
Point conformité.
“Signal sur un biomarqueur” ≠ “allégation santé autorisée”.
On parle de science en cours, pas d’un label EFSA.
3) Santé osseuse (ostéopénie) : essai randomisé chez des femmes ménopausées
Une étude randomisée, double aveugle, placebo, a évalué un extrait de shilajit chez des femmes ménopausées avec ostéopénie,
avec des marqueurs liés au stress oxydatif, à l’inflammation et à la perte osseuse.
Ce type d’essai est précieux : il cible une population spécifique, un contexte physiologique réel, et des mesures cliniquement pertinentes.
4) Andrologie : testostérone & DHEAS (90 jours, placebo)
Dans une étude clinique randomisée (double aveugle, placebo), une supplémentation en shilajit purifié pendant 90 jours chez des hommes (45–55 ans)
a été associée à une augmentation de paramètres hormonaux (testostérone totale/libre, DHEAS) versus placebo, tout en maintenant LH/FSH.
C’est l’un des travaux les plus cités parce qu’il coche plusieurs cases : placebo, durée, hormones dosées.
Ce que ça veut dire (et ne veut pas dire).
Ça suggère un potentiel intérêt dans le cadre étudié (profil, dose, durée, produit).
Ça ne remplace ni diagnostic, ni prise en charge médicale, ni bilan hormonal.
5) Fertilité masculine (oligospermie) : étude clinique sur paramètres spermatiques
Une étude clinique a évalué un shilajit “processé” chez des hommes présentant une oligospermie, avec suivi de paramètres du sperme
et d’hormones. Ce travail est souvent cité car il porte sur des critères concrets (semenogramme) et un suivi de tolérance.
Là encore : c’est encourageant comme signal, et ça justifie d’autant plus des essais plus larges, multicentriques, et indépendants.
| Thème |
Type d’évidence |
Ce que l’étude mesure |
Lecture utile |
| Fatigue & force |
Essai randomisé placebo |
Performance + hydroxyproline |
Signal intéressant sur fatigue mesurée |
| Collagène (Pro-C1α1) |
Essai randomisé |
Biomarqueur de synthèse |
Piste sur tissus/récupération |
| Ostéopénie |
Essai randomisé placebo |
Marqueurs os/oxydation |
Pop spécifique, endpoints solides |
| Hormones (H) |
Essai randomisé placebo |
Testostérone, DHEAS |
Signal favorable dans un cadre précis |
| Oligospermie |
Étude clinique |
Paramètres spermatiques |
Encourageant, à confirmer à grande échelle |
À ce stade, la stratégie la plus “science-compatible”
“Plus positif” ne veut pas dire “plus risqué” : le combo gagnant, c’est standardisation + contrôles + usage raisonnable.
Préclinique & mécanismes : là où la recherche accélère
Les études animales et in vitro ne “prouvent” pas une efficacité chez l’humain, mais elles servent à deux choses :
(1) comprendre des mécanismes plausibles, (2) choisir quelles hypothèses méritent des essais cliniques.
Et sur le shilajit, il y a justement des axes de recherche cohérents avec les résultats humains (fatigue, oxydation, tissus).
Stress oxydatif & inflammation : une piste structurante
Plusieurs travaux explorent l’idée que certaines fractions du shilajit (et composés associés) pourraient influencer l’équilibre oxydants/antioxydants
et des marqueurs inflammatoires. C’est un “hub” logique : mitochondries, récupération, tissus, vieillissement physiologique.
Sur ce sujet, la prudence intelligente consiste à parler de marqueurs, pas de “traitement”.
Foie & métabolisme : études animales (à ne pas surinterpréter)
Dans des modèles animaux (ex. régime riche en graisses), des chercheurs ont évalué des effets du shilajit sur des paramètres hépatiques.
C’est intéressant pour générer des hypothèses sur le métabolisme — mais la transposition à l’humain exige des essais dédiés.
Si vous voulez le cadre “métabolisme” sans raccourci : shilajit & diabète (données + limites).
Le piège fréquent.
“Étude sur des rats” + “mots médicaux” = confusion.
Une étude animale est utile pour comprendre, pas pour conclure sur l’humain.
Cognition & vieillissement cérébral : fulvique, tau… et beaucoup de travail
Il existe des travaux in vitro sur l’interaction de l’acide fulvique avec l’agrégation de protéines (ex. tau).
Il existe aussi des revues qui discutent du shilajit/fulvique comme nutraceutique potentiel dans le contexte neurodégénératif.
Le bon positionnement est simple : prometteur comme champ de recherche, et encore insuffisant pour des conclusions “grand public”.
Pourquoi c’est quand même enthousiasmant.
Quand un sujet passe de “folklore” à “biomarqueurs + essais placebo + mécanismes”, il devient exploitable scientifiquement.
Le shilajit est précisément en train de glisser vers cette zone : moins de légende, plus de protocoles.
Qualité & sécurité : le vrai facteur X (et la meilleure stratégie long terme)
Sur un produit d’origine minérale, le risque n’est pas “le shilajit en soi” mais ce qui peut l’accompagner :
métaux lourds, contaminants, adultération, résines “imposteurs”, absence de traçabilité.
C’est pour ça qu’un article sérieux sur les études doit toujours inclure un bloc “qualité”.
Ce qu’un shilajit “étudiable” doit montrer
Le raccourci utile.
Si un shilajit ne peut pas être “audité” (lot, analyses, méthode), il ne devrait pas être “consommé”.
La science n’aime pas l’opacité. Votre corps non plus.
Conclusion : ce que la science dit déjà… et ce qu’elle va probablement explorer ensuite
Le shilajit n’est plus un simple sujet “traditionnel” : il existe des essais humains (placebo) et des biomarqueurs qui rendent le débat concret.
Les signaux les plus convaincants se situent autour de la fatigue/performance, de certains marqueurs tissulaires (collagène),
de la santé osseuse dans un contexte précis, et de paramètres andrologiques chez des profils étudiés.
Et maintenant, la partie la plus intéressante : les prochaines étapes logiques de la recherche sont faciles à prédire.
Des essais plus longs, des populations plus larges, des protocoles multicentriques, une meilleure comparaison des formes (résine vs extrait),
et surtout une standardisation encore plus stricte (pour séparer “effet” de “variabilité produit”).
Bref : les perspectives sont réelles — et le champ d’application potentiel s’élargit — mais la science sérieuse demandera encore des études approfondies.
Si vous devez retenir 3 choses
La meilleure “preuve” d’une marque, ce n’est pas un slogan : c’est un lot analysé et une communication qui respecte la science.
Index des études (liens cliquables)
Sélection : essais humains + revues + mécanismes clés.
- Fatigue/force, Keller : PMCID: PMC6364418
- Collagène Pro-C1α1, Neltner : PMID: 36546868
- Ostéopénie, Pingali : Phytomedicine 2022
- Testostérone/DHEAS, Biswas : PMID: 26395129
- Oligospermie, Auddy : PMID: 20078516
- Revue shilajit, Agarwal : PMID: 17295385
- Revue ethnopharmaco, Wilson : J Ethnopharmacol
- Fulvique & inflammation, Winkler : PMCID: PMC6151376
- Fulvique & eczéma, Gandy : Clin Cosmet Dermatol
- Fulvique & tau (in vitro), Cornejo : PMID: 21785188
- Nutraceutiques & Alzheimer, Carrasco : Arch Med Res 2012
- NAFLD rats, Ghezelbash : PMID: 32083445
FAQ — Études sur le shilajit
Oui : essais randomisés (placebo) sur performance/fatigue, biomarqueurs (collagène), santé osseuse, et paramètres andrologiques.
La plupart des données solides portent sur des extraits standardisés et contrôlés.
Parce qu’un produit minéral peut être exposé à des contaminants ou à l’adultération.
Un COA de lot + une méthode de purification documentée sont la base d’un choix rationnel.
Non : elles montrent des signaux dans des cadres précis (profil, dose, durée, produit).
C’est encourageant, mais la science progresse par confirmations, réplications et essais plus larges.
Les données humaines les plus structurées tournent autour de la fatigue/performance,
de certains biomarqueurs tissulaires, de la santé osseuse (contexte ostéopénie),
et de paramètres andrologiques dans des profils étudiés.
En suivant un rituel simple, en restant sur un usage raisonnable, en surveillant la tolérance,
et en respectant les précautions (grossesse/allaitement, pathologies, traitements).
Guide :
rituel du shilajit.